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dimanche 13 décembre 2009

Jérôme Mesnager : un coup de gomme sur la grisaille


Jérôme Mesnager peint

Atelier de Montreuil

Jérôme Mesnager défense d'afficher
Radeau de la méduse selon Jérôme Mesnager

C'est dans son atelier à Montreuil que Jérôme Mesnager nous reçoit. Un vieux piano, un immense canapé de velour tassé par le temps, un chat ronronnant et une petite fille qui joue dans le jardin : telles sont les conditions de travail de celui qui a pour ombre un Corps blanc.
« Depuis 1983 le Corps blanc est mon écriture » explique Jérôme Mesnager. « A travers lui, je m'exprime sur mes toiles et sur les murs de Paris ». Le personnage, mélange d'onirisme et de facétie y joue les vedettes du Radeau de la méduse de Géricault sur une écluse du Canal Saint-Martin, ou s'amuse sur les murs parisiens des quartiers populaires avec ses acolytes Nemo (personnage noir au parapluie) et le bestiaire de Mosko et associés. Art urbain, le Corps blanc et ses amis prennent vie le le plus souvent dans la légalité. « On n'est pas là pour choquer mais pour gagner le sourire et la complicité du passant ».
Initialement, rien ne laisse supposer que Jérôme Mesnager se mette à peindre quelque 200 toiles de Corps blanc par an dans son atelier ! A la fin des années 1970, il se destine à l'ébenisterie d'art. Après l'école Boule, il débute dans une entreprise de restauration de marquetterie. Mais très vite, l'artiste a besoin d'onirisme, de créer et de s'amuser.
Très vite, il sort du cadre, de la même manière que le Corps blanc sort de sa toile pour s'aventurer sur les murs. Il se lance dans l'aventure qui demeure un succès depuis la fin des années 1980.
Corps blanc se promène désormais en dehors de l'héxagone, le long de la muraille de Chine, au Sénégal, en Egypte et dernièrement au Cambodge !
Et au fait, pourquoi « blanc » ? « Parce que le blanc, c'est le commencement de tout, comme une toile vierge. C'est aussi la lumière, comme un coup de gomme sur la grisaille » explique l'artiste.
Seul hic à ce corps blanc : il demeure éphémère. Il reste cependant un gage de liberté pour celui qui fait courir depuis plus de 25 ans son imaginaire sur les murs de nos villes, et c'est déjà beaucoup !
Les liens :
Jérôme Mesnager : http://mesnagerjerome.free.fr/
Nosko et associés : http://www.moskoetassocies.fr/
Nemo : ses peintures sur FlickR : http://www.flickr.com/search/?q=N%C3%A9mo%20Paris&w=all
Elodie Courtejoie

Journaliste

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